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2021 dans la boule de cristal du Statec

L'institut statistique prévoit une année 2021 marquée par une inflation et un coût salarial stables mais un chômage en augmentation. Un scénario qui ne tient qu'à un fil : la courbe d'évolution du covid-19.

L'inflation devrait reprendre l'an prochain, après un calme relatif de la montée des prix en 2020.

L'inflation devrait reprendre l'an prochain, après un calme relatif de la montée des prix en 2020. © PHOTO: AFP

Patrick Jacquemot

Bien malin qui saura dire à quoi ressemblera l'année à venir. 2020 a prouvé combien les prévisions pouvaient s'avérer fragiles. Mais le Statec se risque à proposer des pistes pour cet avenir. Deux hypothèses -haute et basse- qui ne reposent que sur le degré d'évolution de l'épidémie de covid dans le pays et dans le monde. Deux scénarios qui reposent sur une vérité première : le recul attendu du produit intérieur brut luxembourgeois (la production nationale) pour cette année de 3,5 à 4,5%.

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Une baisse de la dynamique certes, mais que les analyses qualifient de «bonne résistance». Il est vrai que le Luxembourg a mieux résisté que d'autres Etats. A titre de comparaison, la France ou l'Italie tablent actuellement sur une chute de leur PIB de 9%; de l'ordre de -5% en Allemagne ou aux Pays-Bas, contre -12% craint en Espagne... Mais pour 2021, les dés sont entre les mains du covid-19 et ses effets.

Le Statec parle ainsi «d'une croissance attendue de 4% dans le scénario favorable» (progression des infections limitées sans trop d'impact sur l'activité) ou un repli de 0,5% dans le scénario pessimiste (contaminations significatives et restrictions conséquentes). Une telle marge prouve que les mois qui s'annoncent tiendront de la navigation à vue. Et que chaque décision sanitaire aura son pendant socioéconomique.

© PHOTO: Source : Statec

Après le relatif maintien des prix cette année (la gratuité des transports et la baisse des prix pétroliers ayant joué positivement), 2021 pourrait voir l'inflation rebondir. Passant de +0,9% à 1,8% l'an prochain.

Même rebond attendu aussi sur le coût salarial. En effet, depuis mars et le «parachute social» déployé par le gouvernement luxembourgeois (chômage partiel principalement, soutiens divers à l'activité), le coût de la main-d'oeuvre pour les entreprises a baissé. De l'ordre de 6%. L'arrêt attendu de certaines lignes de soutien gouvernementales devrait renchérir le prix du travail d'autant dans les mois à venir (+6% annoncés).

Quid des finances publiques?

Interrogés jeudi matin en commission parlementaires, les experts du Statec n'ont pas confirmé le scénario de la Banque centrale de Luxembourg qui assurait que la crise actuelle aurait des conséquences sur les budgets jusqu'en 2024. Et ce, en raison de «modèles qui ne permettent pas d'aller aussi loin» et la multiplicité des menaces potentielles, comme le Brexit, la guerre commerciale sino-américaine ou la crise climatique.

Une hausse qui sera limitée, selon le Statec, car l'index (et donc la revalorisation des salaires) ne devrait pas tomber en 2021. L'institut notant aussi au passage que la revalorisation, au 1er janvier, du salaire social minimum «ne devrait provoquer qu'une accélération très marginale des salaires». Une modération qui n'est toutefois pas du goût du patronat luxembourgeois qui, en cette période de crise et d'incertitudes, ne s'est pas privé de le dire.

Pour 2021, le Luxembourg ne devrait pas non plus connaître de flambée du chômage. Optimistes les statisticiens tablent sur un nombre d'emplois proposés déjà en augmentation cette année (+2%) mais également dans les douze mois à venir. Une croissance du besoin de main-d'oeuvre qui permettrait de contenir le chômage au Grand-Duché. Jusque-là, l'ADEM n'a effectivement pas noté de brusque grimpée du nombre demandeurs d'emploi autre qu'en avril dernier, au tout début de la crise donc.

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Le Statec estime donc que le taux de chômage augmentera modérément, en 2021. Avec un taux passant de 6,4% à près de 7% l'an prochain. Sachant qu'au dernier bilan, fin novembre, l'ADEM relevait 17.971 demandeurs d'emploi inscrits.

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