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La Moselle ouvre des centres éphémères de vaccination

Face à une épidémie covid qui peine à décroitre, le département frontalier a décidé d'ajouter plus de sites de vaccination sur son territoire. Un effort rendu possible par l'arrivée de 30.000 doses de sérum supplémentaires sur les deux prochaines semaines.

Fortes de leur expérience, des équipes de sapeurs-pompiers de Marseille ont été appelées pour venir effectuer des mesures covid dans les eaux usées de plusieurs sites.

Fortes de leur expérience, des équipes de sapeurs-pompiers de Marseille ont été appelées pour venir effectuer des mesures covid dans les eaux usées de plusieurs sites. © PHOTO: AFP

Patrick Jacquemot

Aux portes du Grand-Duché, la situation sanitaire de la Moselle reste préoccupante. Il n'y a qu'à voir le taux d'incidence covid pour s'en convaincre : 281 infections/100.000 habitants dans le département voisin, 181 au Luxembourg. Une situation encore plus grave sur l'agglomération messine dont n'a pas fait mystère, mardi, le préfet de la Moselle au cours d'un point presse. «Nous restons sur un plateau élevé, sans augmentation forte mais avec une légère décrue qui se décline. Et encore, il faut rester prudent...»

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Prudence car rien n'est gagné. Car si d'un côté plus de tests ont pu être réalisés ces derniers jours (47.000 dépistages en une semaine), l'occupation des lits en soins intensifs par des malades infectés ne faiblit pas (496 patients en tout, 76 en réanimation) alors que dans le même temps les variants du virus, eux, se multiplient. «Les nouvelles souches ont ainsi été repérées dans près de 50% des échantillons que nous avons pu analyser en profondeur».

Aussi, les autorités sanitaires font feu de tout bois. L'appel au secours lancé au ministre de la Santé français, de passage à Metz jeudi dernier, s'est traduit par l'obtention en urgence de 30.000 doses de vaccin supplémentaires. Les 5.000 premières sont arrivées lundi; la même chose est attendue pour ce mercredi et ainsi de suite sur les deux semaines à venir. «Rien que ce week-end, nous avons pu exceptionnellement vacciner 2.000 personnes de plus, avec l'assurance de disposer de ce nouveau stock ensuite», se satisfait le préfet Laurent Touvet.

Quel taux!

Actuellement, le coronavirus est dépisté dans 6,1% des tests réalisés en Moselle. Pour un peu, ce serait (presque) une bonne nouvelle en comparaison des semaines dernières où les résultats annoncés étaient de 7,4% voilà sept jours, voire 8,1% fin janvier. A titre de comparaison, il était de 1,85% la semaine passée au Grand-Duché...

Vacciner, vacciner, vacciner : la consigne est passée. Non seulement sur les 10 centres implantés sur ce territoire de plus d'un million d'habitants (le double du Luxembourg) mais aussi sur de nouveaux sites. «Nous allons ouvrir des sites éphémères; les localisations restent à confirmer dans les prochaines heures», assure le représentant de l'Etat. Thionville, Yutz ont déjà fait savoir qu'elles étaient prêtes à accepter ces dispositifs.

«Sachant qu'actuellement, 37.150 personnes ont reçu la première injection, et 4.700 les deux doses», précise Laurent Touvet. Dans le détail, cela donne 6.000 doses administrées en maison de retraite, 16.000 pour des retraités de plus de 75 ans et 11.000 pour des personnels de santé (secteur hospitalier ou médecine de ville).

Et si majoritairement, il s'est agi de préserver d'abord la santé des aînés de plus de 75 ans, le préfet veut pousser les feux en direction de tous les personnels soignants maintenant. Objectif : «Qu'ils soient plus facilement mobilisables auprès des malades». La campagne va même s'ouvrir aux sapeurs-pompiers du département, là encore pour maintenir les secours à un bon niveau d'efficacité sur un terrain sanitaire dégradé.

Depuis cette semaine, le département s'est aussi lancé dans la mesure des charges virales dans les eaux usées de plusieurs stations d'épuration et de six maisons de retraite. Ceci à l'image de ce que fait le Grand-Duché, via les analyses du List, depuis onze mois maintenant... Une équipe de marins-pompiers de Marseille, habitués à ce type d'analyses, a ainsi été dépêchée en Moselle pour partager son expérience.

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