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Chronique de l’élection présidentielle en France

Anne Hidalgo en disgrâce

Le regard hebdomadaire de notre chroniqueur Gaston Carré sur l’élection présidentielle en France.

En décembre, la maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé sa candidature à la présidence.

En décembre, la maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé sa candidature à la présidence. © PHOTO: AFP

Par Gaston Carré

La socialiste Anne Hidalgo est créditée de 3% d’intentions de vote, selon le dernier sondage en date. Elle est devant le gaulliste Nicolas Dupont-Aignan (2%) - on a les avances qu’on peut - mais derrière le communiste Fabien Roussel (4%). La socialiste derrière le communiste, oui. Quand se donnera-t-on le temps d’analyser ce phénomène majeur qu’est le déclin du socialisme en France? On nous dira que l’électeur à la présidentielle fait le choix d’une personne, non d’une formation, pas même d’une idéologie. Certes, mais alors le cas Hidalgo est un paradoxe: la personne plaît, mais le navire dont elle porte le pavillon l’emporte dans son naufrage. Le reflux d’Anne Hidalgo est le symptôme d’un processus plus général, qu’est l’effacement du socialisme.

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Le fait que pour l’heure on ne se le donne pas, ce temps de l’analyse, est un phénomène en soi. C’est que Macron prend toute la lumière, ou presque, et ce qui en reste se dépose sur les extrêmes - il faudra analyser ce troisième phénomène qu’est la complaisance médiatique au président sortant d’une part, à Zemmour et Le Pen d’autre part. Comme si entre ceux-ci et Macron il n’y avait rien. Pas de socialiste par exemple, pas de Hidalgo, et pas d’analystes pour explorer le déclin de la mouvance politique qu’elle incarne.

Macron prend toute la lumière, ou presque.

Un déclin insistant, qui se déploie dans la durée. Rappelons qu’à la présidentielle de 2017 le socialiste Benoît Hamon se retrouva en cinquième position, avec 6,4% des voix. Et qu’aux législatives qui suivirent le PS ne fit pas mieux. On n’aura pas la place ici pour entamer l’examen de ce recul, on ne peut que relever des pistes.

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Parmi celles-ci, l’incapacité de se doter d’un leader charismatique. Le PS est affecté d’un puritanisme: un fonctionnement interne de type parlementaire, réticent à la mise en avant d’une figure de proue. Il aurait pu avoir sa «star» jadis, avec Ségolène Royal, mais ils voulurent l’apparatchik Hollande, Autre piste: l’obstination socialiste, en France, à se cabrer dans une position polémique face au pouvoir en place.

On critique beaucoup, on propose peu, une raison en étant que le créneau «changement» est largement occupé par une droite devenue plus réformatrice que conservatrice. Et quand on propose on ne vise ni assez haut ni assez loin: il y a absence chez les socialistes de ce qu’au temps de Mitterrand on appelait une «vision». Ne reste qu’une rhétorique, qui faute de vision paraît obsolète.

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