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«C'est absolument envisageable»

Le retour du loup passionne les Luxembourgeois

«Le retour du loup au Luxembourg est absolument envisageable. L'habitat est là et la nourriture aussi», explique le directeur-adjoint de l'Administration de la nature et des forêts. Le sujet passsionne. Près de 850 personnes ont déjà assisté à sa conférence aux quatre coins du pays.

Laurent Schley: «Le loup est à la recherche d'un habitat un peu convenable. Il s'installe parce qu'il y a beaucoup de chevreuils et de sangliers à manger».

Laurent Schley: «Le loup est à la recherche d'un habitat un peu convenable. Il s'installe parce qu'il y a beaucoup de chevreuils et de sangliers à manger». © PHOTO: Shutterstock

Par Maurice Fick

«Le retour du loup au Luxembourg est absolument envisageable. L'habitat est là et la nourriture aussi», explique Laurent Schley, directeur-adjoint de l'Administration de la nature et des forêts. Le sujet passionne. Pour preuve, près de 850 personnes ont déjà assisté à sa conférence aux quatre coins du pays.

Lui-même n'en revient pas. Depuis le temps qu'il propose des conférences zoologiques sur toutes sortes de thèmes, le biologiste de l'Administration de la nature et des forêts n'a jamais connu un tel engouement: «Normalement, pour une conférence portant sur un sujet naturaliste, il y a 20 ou 30 personnes. Pour la réapparition du castor dans l'Oesling, par exemple, 40 personnes sont venues. Pour le retour potentiel du loup, j'ai 200 personnes qui viennent... c'est énorme!» L'assistance était encore plus nombreuse lundi soir à la Maison du Savoir à Belval.

Entre le 13 et ce 27 octobre 2015, le Dr Laurent Schley, aura donné cinq conférences sur le retour du loup. La dernière -en langue luxembourgeoise- a lieu ce mardi 27 octobre à 19 h 30 au Centre culturel SYRKUS (20 route de Luxembourg) à Roodt-sur-Syre. Si bien qu'il envisage d'en faire une en français et en anglais.

«Le loup fait des bonds énormes»

Le loup est inscrit dans une actualité qui se rapproche des frontières du Luxembourg. Il est déjà présent dans la Grande Région. Depuis 2013, une meute s'est établie dans les Vosges et depuis plusieurs mois, un loup rôde dans le secteur du Lac de la Madine en Meuse.

Mais peut-il réellement s'installer au Luxembourg? La réponse de Laurent Schley est sans équivoque: «C'est absolument envisageable. L'habitat est là et la nourriture aussi. Le loup est à la recherche d'un habitat un peu convenable. Ce ne sont d'ailleurs pas nécessairement de grandes forêts mais ça peut être de grands espaces ouverts. Dans le nord comme dans le Sud du pays. Il s'installe parce qu'il y a beaucoup de chevreuils et de sangliers à manger», résume le directeur-adjoint de l'Administration de la nature et des forêts.

C'est d'autant plus envisageable que «le loup fait des bonds énormes. Lorsqu'un jeune loup de 2 ou 3 ans est chassé de sa meute maternelle, il peut faire plus de 1.000 km de distance», assure le biologiste. Et il livre l'inouï parcours d'un loup équipé d'un collier GPS qui est allé «de la frontière germano-polonaise jusqu'en Biélorussie via la Pologne. Soit près de 1.500 km». Des tests ADN permettent, de la même manière, de «tracer» des individus sur de longues distances. Une simple crotte suffit alors pour le repérer.

La vraie image du loup

La lente recolonisation de l'Europe par le loup a démarré il y a 25 ans. Et aujourd'hui, «ça peut arriver partout. En Basse-Saxe (Allemagne) il y a cinq meutes actuellement et en Suisse centrale il y en a une aussi», note Laurent Schley.

S'il fait le tour du pays, c'est pour sensibiliser le grand public au retour du loup et «lui donner une vraie image du loup et non celle des contes et de la mythologie». Une mauvaise image collée dans le dos du loup depuis le Moyen-Age et qui a conduit à son éradication en Europe. Alors qu'«on n'a absolument pas besoin de s'inquiéter quand on se promène juste en forêt», assure le spécialiste. Quant au berger, c'est une autre histoire.

«Sa disparition était uniquement due à la persécution du loup par l'homme: piège, poison et tir», ne manque pas de souligner Laurent Schley.

Intégralement protégé au Luxembourg

Le loup n'a pas foulé le sol luxembourgeois -en tout cas à la connaissance des autorités- depuis 122 ans! Le dernier loup a été tué dans la forêt d'Olingen (près de Betzdorf) en 1893.

Pas plus tard que vendredi 23 octobre 2015, le Conseil de gouvernement a fait un pas vers la protection du loup au cas où. Dans les salons, il a approuvé le projet de règlement qui vise à adapter le règlement grand-ducal du 9 janvier 2009 «aux développement récents au niveau de la faune européenne en inscrivant notamment le loup gris dans la liste des animaux intégralement protégés». Histoire d'assurer la protection du loup gris comme l'impose la directive européenne.

C'est d'ailleurs une autre loi, la fameuse directive Habitats du 21 mai 1992, qui a changé la destinée du loup en Europe. Elle a donné au loup le statut «d'espèce d'intérêt communautaire prioritaire», pour le protéger.

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