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Visite du Premier ministre français Manuel Valls

Xavier Bettel: «Cattenom pourrait rayer le Grand-Duché de la carte»

Lors de la venue de Manuel Valls, Xavier Bettel a abordé la question de la centrale nucléaire de Cattenom et a fait savoir à son homologue français ses craintes la concernant, allant même jusqu'à proposer que le Luxembourg finance sa reconversion puis sa fermeture.

Manuel Valls était lundi en visite au Luxembourg.

Manuel Valls était lundi en visite au Luxembourg. © PHOTO: Guy Jallay

Marc Vanacker

(GC) - Lors de la venue de Manuel Valls, Xavier Bettel a abordé la question de la centrale nucléaire de Cattenom et a fait savoir à son homologue français ses craintes la concernant, allant même jusqu'à proposer que le Luxembourg finance sa reconversion puis sa fermeture.

Manuel Valls, Premier ministre français, était à Luxembourg lundi, pour une visite de travail consacrée à des «sujets transfrontaliers», un euphémisme coalisant des problématiques aussi explosives que le terrorisme islamisant, la crise migratoire et la centrale de Cattenom.

Cattenom, cette centrale qui «nous fait peur»: Xavier Bettel, lors d'une conférence de presse au côté de son homologue français, n'a pas craint de nommer l'inquiétude par son nom, ajoutant que «l'idéal, pour nous, serait que cette centrale ferme». Car «en cas de gros problème, à Cattenom, ce problème «rayerait le Grand Duché de la carte». Valls allait-il faire preuve d’un peu plus de sollicitude que jadis François Mitterrand, dont on se rappelle le souverain haussement d’épaule devant les téméraires qui lors d'une visite au Grand-Duché osèrent soulever la question?

«Message reçu», fut la réponse de Valls à Bettel. Ce qui, traduit en français commun, signifie que la fermeture n'est pas à l'ordre du jour.

«Message reçu», fut la réponse de Valls à Bettel. Ce qui, traduit en français commun, signifie que la fermeture n'est pas à l'ordre du jour. © PHOTO: Guy Jallay

«Message reçu», fut la réponse de Valls à Bettel. Ce qui, traduit en français commun, signifie que la fermeture n'est pas à l'ordre du jour. Le Premier ministre français rappelle la Loi de transition énergétique adoptée en son pays, qui entend réduire la part du nucléaire dans la production énergétique globale, mais souligne que le recours au nucléaire restera «important».

Quand bien même «il faut répondre à l'inquiétude de la population», quand bien même on souligne de part et d'autre que «l'échange d'informations a été amélioré», que «la confiance mutuelle est désormais accrue», les propos de Valls s'apparentent à une fin de non-recevoir, devant Bettel qui cependant ne désarme pas: si une fermeture de Cattenom venait à être envisagée par la France, si un projet de transition venait à être mis à l'étude, «le Luxembourg s'engagerait à apporter une contribution financière à cette formule de transition».

Rappelons qu'à l'heure actuelle c'est une fermeture de Fessenheim, sur la frontière franco-allemande, qui est à l'étude en France, la ministre de l'Environnement Ségolène Royal ayant récemment annoncé une «mutation du site» avec l'Allemagne.

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